Le musée de la Vie romantique
- May 19, 2014
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Le musée de la Vie romantique ressuscite l'atmosphère d'un hôtel particulier fréquenté par le tout-paris au XIXe siècle.
C'est un pavillon à deux étages avec devant, une courette pavée, fleurie de lilas et de rosiers anciens. À l'ombre des grands arbres, une serre s'ouvre sur un jardinet planté de campanules, de clématites et de digitales, où Frédéric Chopin aimait à se reposer. Cette ancienne demeure du peintre hollandais Ary Scheffer abrite aujourd'hui le musée de la Vie romantique. Il se niche à Paris, sous les contreforts de la butte Montmartre, tout au fond d'une petite allée secrète, au départ de la rue Chaptal, au n° 16 exactement.
Le parfum suranné de la Nouvelle Athènes y flotte toujours. La Nouvelle Athènes désigne sous le Second Empire cet îlot du 9e arrondissement de Paris. En plein romantisme naissant, les architectes de l'époque, pétris de tradition antique, construisent sur des terrains et vergers de belles demeures néoclassiques, des immeubles de rapport et des ateliers. Un fief d'artistes, de poètes et d'écrivains, de petits bourgeois et de courtisanes, s'épanouit ainsi entre l'Opéra Garnier et l'agitation des Grands Boulevards. Maupassant habite tout près de la boutique du père Tanguy, le marchand de couleurs de la rue Clauzel, qui accueille les impressionnistes, les symbolistes, les nabis. Vincent Van Gogh fréquente le magasin et fait poser le père Tanguy pour son célèbre portrait. À l'époque, Vincent est employé, avec son frère Théo, chez Goupil, l'éditeur d'estampes installé au 9 et 11 de la rue Chaptal, juste en face de chez Ary Scheffer. Chaque vendredi, le peintre reçoit le Tout-Paris. Lamartine, Liszt, Ingres, Rossini, Dickens se retrouvent dans ses ateliers. Delacroix et Géricault y viennent en voisins, tout comme Chopin et George Sand.
Il n'est donc pas étonnant de trouver, dans les trois pièces du rez-de-chaussée du musée, l'univers restitué de l'écrivaine. C'est principalement à sa petite-fille que la Ville de Paris doit cette exceptionnelle collection de documents, d'objets d'art, de bijoux et de peintures. À l'étage, le visiteur peut admirer les toiles majeures d'Ary Scheffer et de ses contemporains. C'est dans l'atelier-bibliothèque que chaque année sont organisées deux expositions temporaires dont la toute récente Theâtres romantiques à Paris, collections du musée Carnavalet est à découvrir jusqu'au 15 juillet. Une centaine d'œuvres illustrent l'intense créativité du théâtre parisien au début du XIXe siècle. Flâner dès les beaux jours dans la quiétude de ce poétique " enclos Chaptal ", c'est un peu, à l'image des romantiques, suspendre le temps.






































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